Bien préparer l'arrivée d'un nouvel animal...


Les NAC vous font de l’œil ? Vous réfléchissez à avoir chez vous une petite tortue ou un gros iguane ?

 

Mais... vous êtes-vous déjà renseigné en amont ?  Avez-vous bien connaissance de la taille de l'animal une fois adulte ? De sa longévité, de ses habitudes, de la place à prévoir pour l’accueillir dans de bonnes conditions ?

Connaissez-vous également le coût du matériel qu'il va falloir acheter, de sa nourriture, et surtout de l'électricité à l'année ?

Savez-vous qu'il faut parfois une autorisation de la préfecture avant de pouvoir acquérir l'animal ?

 

Tant de questions que les gens ne se posent pas suffisamment, et qui pourtant sont indispensables avant de démarrer avec un animal d'espèce dite "non domestique". Nous allons voir ici quelques pré-requis à ne pas négliger !


Ai-je le droit d'avoir cette espèce à la maison ?

... C'est en effet la première question à se poser. Car la détention d'animaux dits "non domestiques" est régie par des lois et des niveaux de réglementation. Il n'est pas possible d'avoir librement n'importe quel animal chez soi.

 

On distingue la réglementation internationale (Convention de Washington, CITES) qui régit les échanges internationaux des espèces dites non domestiques, puis la réglementation Européenne (règlement CE 338/97) qui transpose la CITES au niveau de l'Europe, et enfin la réglementation Française (code de l'environnement, arrêtés tels que celui du 8 octobre 2018 etc.) propre à notre territoire. 

 

Avec ces différentes réglementations, bon nombre d'espèces nécessitent des autorisations particulières pour être détenues chez un particulier. Car elles sont parfois protégées dans leur milieu naturel ou à l'inverse réputées invasives, ou bien encore catégorisées comme dangereuses pour l'homme. Le nombre d'individus détenu est également un critère important. En France, deux textes en particulier définissent les autorisations nécessaires en fonction des espèces: l'arrêté du 10 août 2004, et l'arrêté du 8 octobre 2018.

 

Pour la faune exotique tout comme pour la faune Française, cela n'est pas à prendre à la légère. Car détenir une espèce "soumise" sans posséder les autorisations adéquates peut vous exposer à de lourdes sanctions: poursuites judiciaires, fortes amendes, et la saisie de vos animaux... 


Connaitre les conditions de maintenance adéquates

Vous avez en tête une espèce en particulier, et vous êtes autorisé à la détenir chez vous en toute légalité ? Bien !

Maintenant il va falloir s'informer au maximum sur l'animal. Sa taille, ses besoins, et réfléchir au terrarium ou à l'enclos qui va lui être nécessaire. Recherchez notamment les infos suivantes :

➔ De quel pays vient-il?

➔ Quel est son climat d'origine ? Y a t-il des saisons marquées ?

➔ Dans quel milieu évolue t-il ? Quel substrat est à prévoir ?

➔ Les températures conseillées ? (jour, nuit)

➔ Ses besoins en UV ? (puissance, heures par jour)

➔ Son alimentation ? (suppléments en calcium, vitamines)

➔ A-t-il pour habitude de grimper ? nager ? creuser ?

➔ Quelle surface va être nécessaire ? (au sol, en hauteur)

➔ L'aération et l'humidité doivent-elles être importantes ?

➔ Lui faut-il de la végétation ? un bassin d'eau ?

 

En cherchant des fiches d'élevage sur internet, ou en parlant à des éleveurs ayant de l'expérience avec l'espèce, vous répondrez petit à petit à ces questions, et vous aurez une idée plus précise du terrarium et du matériel à prévoir pour loger l'animal dans les meilleures conditions. Car si son environnement est trop chaud, trop froid, pas assez humide, trop petit, avec un manque d'UV, ou bien une mauvaise alimentation, cela impactera directement la bonne santé de votre animal (croissance, ossature, écailles, appétit, mues). N'oubliez jamais que vous tenez une vie entre les mains, et pour son bien-être rien ne doit être négligé.

 

Achetez ou construisez votre terrarium en rapport, équipez-le avec le matériel nécessaire, et uniquement une fois celui-ci terminé, procurez-vous l'animal. Les achats d'animaux sur un coup de tête sont fréquents, et finissent souvent mal... Sans connaissance de l'espèce et sans un terrarium adapté, les animaux souffrent, stressent et dépérissent rapidement. Vous en êtes responsable.


Au moment de l'adoption...

Votre terrarium est fin prêt et il ne reste plus qu'à acquérir l'animal ? Là encore, plusieurs choses sont à savoir...

 

Niveau législation tout d'abord. L'espèce que vous recherchez est-elle concernée par une identification ? Depuis la publication de l'arrêté du 8 octobre 2018, il faut savoir qu'un certain nombre d'espèces doivent maintenant être identifiées/pucées et enregistrées dans un registre national. C'est notamment le cas de la plupart des tortues terrestres, pythons, boas etc. Nous en parlons plus en détail dans cet article.

 

Si l'espèce est concernée, il s'agit d'une obligation légale pour le cédant. Acheteur comme vendeur s'exposent à des sanctions dans le cas de la cession d'un animal non-identifié, et donc "hors-la-loi". Nous ne pouvons donc que vous conseiller de passer par des éleveurs sérieux, proposant des animaux identifiés, en bonne santé, et avec leurs papiers.

 

Au moment de l'acquisition de l'animal, rédigez avec le cédant une "attestation de cession d'animaux d'espèces non domestiques" (CERFA 14367*01) en deux exemplaires. Un pour lui, l'autre pour vous. Ces documents devront être remplis, datés, et signés par les deux parties. Le cédant remettra par la même occasion les différents documents de l'animal en sa possession (déclaration de marquage, attestation d'enregistrement I-FAP, carnet de suivi etc.) ainsi qu'un document d'information sur l'espèce, par mail ou papier, récapitulant notamment les conditions de maintient de l'animal.

 

Si l'animal est enregistré sur le registre national I-FAP, il sera aussi nécessaire d'effectuer un changement de propriétaire de l'animal sur la plateforme. Le plus souvent, c'est au cédant de réaliser l'opération car ce dernier détient les identifiants permettant d'accéder à la fiche de l'animal. Il saisira les coordonnées du nouveau propriétaire ainsi que son adresse email pour que le transfert soit effectué.

 

Enfin, au moment de l'arrivée de l'animal sur son nouveau lieu de détention, celui-ci devra respecter une quarantaine. Il s'agit d'une période de plus ou moins 40 jours pendant laquelle ce dernier devra être isolé physiquement de tout autre animal, de préférence dans une pièce distante du reste de l'élevage. Cela permettra de surveiller l'état de santé du nouvel arrivant, et de confirmer qu'il n'est atteint d'aucun parasite pouvant contaminer le reste de l'élevage. Si l'espèce le permet, on pourra placer au sol de son terrarium des feuilles de papier ou de l'essuie-tout de couleur claire, afin de repérer plus facilement d'éventuels acariens.